Vendredi 21 août 2009

Beaucoup de touristes se font arnaquer en achetant des pierres précieuses en Thaïlande. Mais aucun ne s'est fait avoir comme le prince Saoudien Fayçal Fahd Abdulaziz.

Cette affaire, incroyable mais vraie a commencée en juin 1989 lorsqu'un travailleur Thaï en Arabie Saoudite, Kriangkrai Techamong, employé comme agent d'entretien par le prince a Riyad subtilisa 90 kg de bijoux d'une valeur d'environ 20 millions de dollars a son patron.

 

Pour agir, il a attendu que Fayçal s'absente de sa résidence de Riyad. Avant son départ, le prince donna pour consigne de tout nettoyer. C'est Kriangkrai qui fut chargé de cette tâche. Il était très apprécié par son patron qui avait toute confiance en lui. Le Thaï va profiter de son masque de serviteur obéissant pour réussir un des plus beau coup du siècle.

 

D'abord, il renversa une bassine d'eau sale sur la moquette ce qui obligea le gardiennage a débrancher l'alarme électronique car c'était le seul moyen d'ouvrir une fenêtre, pour aérer, sans que ça sonne. La nuit, Kriangkrai put tranquillement dévaliser les coffres. Il fit alors main basse sur le trésor du prince. Des pièces uniques, des rubis, des saphirs et surtout cet inestimable diamant bleu de 70 carats.

 

Sachant que Fayçal ben Fahd ne serait pas de retour avant au moins trois mois, le domestique Thaï prit son temps. Il fit expédier la plupart des pierres par la poste, mit les plus belles dans ses bagages et début août, sous prétexte d'aller rendre visite a son père mourant, il s'enfuit du pays.

 

Tout d'abord, après son retour en Thaïlande, Kriangkrai mena joyeuse vie. Après s'être payé les meilleurs restaurant et les plus belles filles de Bangkok, il rentra dans son village de la province de Lampang. Il retrouva sa famille, se fit construire une nouvelle maison, continua a fréquenter les prostituées et jeta littéralement l'argent par les fenêtres. Puis, pris d'une trouille soudaine devant l'énormité de son coup, il enterra les pierres dans son jardin.

 

Quelques mois plus tard, début janvier 1990, le commissaire de police Chalor retrouva la piste de Kriangkrai. Il le fit arrêter et déterra les pierres volées. C'est a ce point que l'histoire passe d'un simple vol a de la duplicité, de l'intrigue, du meurtre et de la corruption au niveau le plus élevé de la société Thaïe. Les pierres furent exposées par la Police , toute fière d'avoir dénouée l'intrigue. La télévision les filma et les journaux les photographièrent. Elles furent ensuite rendues a l'Arabie Saoudite.

 

Malheureusement , quant il en reprit possession , le prince constata que plus de la moitié des pièces manquaient . Peu après il s'aperçut que les pierres restantes n'étaient que de vulgaires copies. Pourtant certaines des pierres disparues furent identifiées sur les films pris par la télévision Thaïe et sur les photos des journaux .

 

Le gouvernement saoudiens chargea alors trois diplomates de son ambassade de Bangkok d'aller demander des explications aux autorités Thaïlandaises. Il furent abattus dans la rue par un tueur le 1er février 1990. Bizarrement, aucun des policiers qui les escortaient ne fut touché. Peu après, Mohamed al-Ruwaily, un homme d'affaires saoudien qui menait l'enquête pour le compte du prince, disparu. On sait aujourd'hui qu'il a été enlevé par des policiers Thaïs, torturé puis achevé.

 

Les Saoudiens réagirent avec furie. Ils rappelèrent leur ambassadeur et refusèrent de délivrer de nouveaux visas pour les travailleurs migrants Thaïs . Du fait qu'il y avait a l'époque 250 000 de ces travailleurs qui envoyaient en moyenne 340 dollars par moi a leurs familles restées au pays ce fut un rude coup pour la Thailande , non seulement pour son image dans le monde mais aussi pour ses rentrées de devises fortes. Les Saoudiens mirent aussi de sérieuses restrictions pour que leur ressortissants ne voyagent plus en Thailande . Le chiffre de touristes Saoudiens passa de 55 000 en 1988 a moins de 3000 en 1992. En mars 1990 Mohammed Said Khoja fut désigné par le gouvernement Saoudiens comme envoyé spécial chargé de résoudre l'affaire avec les autorités Thaïlandaises initialement pour une période de trois ans. En 2006 il y était encore et avait eu affaire avec neuf premiers ministres Thaïlandais.

 

Le 20 mars 1992, La voiture du commissaire de police Thaïlandais, Anand Yupanont a été percutée et poussée dans un ravin par un camion. Le policier, qui allait parler, est tué sur le coup. Sept bijoutiers singapouriens qui vendaient des diamants vol au prince Fayçal, furent assassinés. Deux autres se mirent sous la protection des autorités Singapouriennes et déclarèrent a Mohammed Said Khoja qu'ils avaient achetés les pierres a un officier de police Thaïlandais sans rien savoir de leur provenance. Trois autres personnes qui ont approchés les bijoux Saoudiens furent liquidés par des tueurs inconnus, un policier tué par balles et le directeur de la chambre de commerce de Prachinburi et son chauffeur qui ont été étranglés.

En mars 1993, la femme du chef de la police thaïe, Sawadi Amomwiwat fut prise en photo par un journaliste alors qu'elle portait un magnifique collier composé de bijoux volés au prince Fayçal.

En août 1994 l'affaire tourna vraiment mal. Un vendeur de bijoux Thaïlandais, Santi Srithanakhan dit savoir ou se trouvaient les pièces volées. Peu après sa femme et son fils furent trouvés sans vie sur la route de l'amitié au nord de Bangkok . Ils avaient visiblement été battus a mort. Tout d'abord la police déclara que c'était un assassinat, puis dans ses déclarations suivantes cela devint un accident, et enfin, quand il fut constaté qu'il était impossible que leurs blessures soient le fait d'un accident, cela redevint un meurtre. Il a été dit qu'un témoin, trop apeuré pour intervenir, a dut monter a fond la radio de son pick up pour ne pas entendre les cris de la femme et de l'enfant battus a mort a coup de barres de fer.

La plupart des journalistes estimèrent que la police était responsable du crime mais que ceux qui l'ont commandités sont trop puissants pour être arrêtés. Comme le remarqua un journaliste Anglais, Terry Mc Carthy, le monde des riches et du pouvoir en Thaïlande "est un monde cynique de gens dont l'argent peut couvrir tous les crimes et dont l'influence et les connections les rendent virtuellement intouchables".

Pour accélérer le dénouement de l'affaire, Said Khoja menaça de révéler publiquement les noms des hautes personnalités qu'il pensait impliqués dans cette histoire. Il était accompagné dans tous ses déplacement par quatre garde du corps. Beaucoup de Thaïs souhaitaient que les coupables soient punis car ils en ont plus que marre de la corruption généralisée de la police et de la mauvaise réputation de leur pays.

Petit a petit une partie de la vérité fut révélée. Début 2002 deux officiers supérieurs, dont un lieutenant général, de la police furent condamnés a 7 ans de prison pour corruption et kidnapping. Un autre lieutenant général fut accusé de meurtre. En 2006, le commissaire Chalor  a été condamné a 20 ans de prison pour l'assassinat de la femme et du fils de Santi Srithanakhan. Beaucoup d'observateurs pensent cependant que ces officiers ont été sacrifiés pour couvrir des poissons beaucoup plus gros.

17 personnes ont été tuées lors de cette histoire : quatre Saoudiens, six Thailandais et sept Singapouriens. Les bijoux n'ont jamais étés retrouvés. Quand au pauvre émigrant a l'origine du vol, Kriangkrai Techamond , il a été amnistie par le roi après avoir passé 2 ans et 7 mois en prison.


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Vendredi 21 août 2009

Il y a 9 questions ou l'on doit choisir entre 3 réponses qui correspondent à trois différentes personnalités de Thaïlandais.


1: Vous passez devant le concessionnaire Isuzu et vous tombez sur leur dernier pick up toutes options. C'est le coup de foudre. Vous en êtes malade. Malheureusement pour vous, il coûte 800 000 baths et vous n'avez que 4500 baths sur votre compte en banque.


A) Vous vous dites "Maï Pen Raï" et vous songez à vous faire novice quelques semaines dans le temple de votre commune pour gagner du mérite. Vous pourrez peut être vous l'acheter d'occasion dans votre prochaine vie.


B) Vous poussez votre fille de 20 ans à épousez le vieux farang de 65 ans qui lui tourne autour. C'est lui qui vous payera le pick up.


C) Vous vendez votre fille de 12 ans à un bordel de pédophiles sino-thaïs. Grâce à ses 20 passes par jour vous pourrez vous payer le pick up à crédit.


2: Tuk tuk à Bangkok, vous prenez un farang pour Khao San Road. En cour de route ce dernier vous demande ou il peut acheter de la Ganja.


A) Souhaitant que les touristes se sentent bien dans votre pays, vous lui offrez gentiment le joint que vous vous gardiez pour la fin de la journée. Le farang vous remercie chaleureusement.


B) Vous l'amenez chez votre pote Somchai, dealer à Klong Toei. Ce dernier vous versera une commission honnête de 50%.


C) Vous lui vendez très cher le sachet d'herbe que le capitaine de police Thanit vous a fourni pour des cas comme celui là, puis vous arrêtez votre tuk tuk devant le commissariat de Banglumphu. Le farang devra payer 100 000 baths pour éviter la prison sur lequel vous toucherez 10%. Encore quelques clients comme ça et vous pourrez vous payer le taxi de vos rêves.


3: Alcoolique chronique, vous vous apercevez que la bouteille de Lao Khao est vide et que vous n'avez plus un sou en poche. Le manque commence à se faire sentir.


A) Vous récoltez les mangues vertes de votre manguier pour aller les vendre au marché. Ça vous payera bien quelques verres.


B) Vous frappez votre femme pour qu'elle vous donne du fric et quand vous constatez qu'elle aussi n'a plus rien, vous buvez son parfum bon marché.


C) Vous ordonnez à votre fille de 14 ans d'aller faire une passe avec l'épicier chinois en échange d'une bouteille. Elle a l'habitude.


4: Alors que vous rouliez à 120 sur une route déserte, une vieille femme traverse. Vous n'avez pas le temps de freiner. Son corps fait un vol plané et s'écrase comme un vieux flan quelques mètres derrière votre voiture.


A) Vous arrêtez immédiatement votre véhicule et courrez la secourir. Quand vous constatez qu'il n'y a plus rien à faire, vous fondez en larmes.


B) Vous accélérez de plus belle pour prendre la fuite. Vous espérez qu'il n'y a pas de témoins.


C) Vous enclenchez la marche arrière et roulez sur le corps pour finir le travail. Tandis que les os de la vieille éclatent sous les roues de votre pick up tout neuf, vous la maudissez pour avoir salit votre capot.


5: Bonze depuis l'âge de 10 ans, vous en avez 40. Un nouveau novice efféminé est admit au temple. Vous en avez l'eau à la bouche. Vous fantasmez tellement sur lui que vous n'en dormez plus la nuit.


A) Vous décidez un jeûne total. La faim et la méditation finiront par vous ramener à la raison.


B) Vous prenez l'habitude de vous masturber discrètement dans votre cellule le soir. Ça calme.


C) Vous détachez un billet de 1000 baths de l'arbre à Tam Boun. Le soir vous le lui proposez discrètement en échange d'une petite pipe.


6: Flic chargé de la circulation routière vous arrêtez une jeune fille à moto sans casque. Lorsque vous lui réclamez 200 baths celle ci éclate en sanglot et vous supplie de la laisser partir car elle n'a plus d'argent.


A) Vous vous laissez attendrir. Après vous avoir fait un waï gracieux, la fille repart.


B) Vous êtes inflexible. La fille en pleurs va chez elle à pied chercher l'argent.


C) Vous la faites rentrer dans le poste et la forcez à payer en nature.


7: Un jour, vous apprenez que votre femme vous trompe avec le Pou Yaï Ban.


A) Du moment que c'est discret, vous n'en prenez pas ombrage. Ce n'est de toute façon pas vous qui auriez pu lui payer cette jolie chaîne en or qui la rend si heureuse.


B) Vous lui mettez la raclé de sa vie et vous la chassez de la maison à coups de pompes.


C) Vous vous saisissez de votre machette et pénétrez dans la maison du Pou Yaï Ban ou vous les prenez sur le fait. Vous les transformez en Lap Nua Dip. Quand vous sortez de prison 5 ans après, vous posez votre candidature à l'élection de Pou Yaï Ban.


8: C'est la crise. Votre entreprise à Bangkok fait faillite et vous perdez votre emploi.


A) Vous cherchez un nouveau travail pendant quelques temps puis vous finissez par retourner dans votre village aider votre famille dans les rizières en échange de votre Khao Nio quotidien.


B) Comme vous parlez bien Anglais vous devenez rabatteur pour des bijouteries. A chaque fois qu'un farang se fait plumer, vous touchez une commission.


C) Vous vous installez devant le collège de votre quartier et vous vendez du Yaba aux élèves à la sortie des classes. Même en retranchant la commission que vous devez verser aux flics, vous gagnez beaucoup plus d'argent que dans votre précèdent boulot.


9: Vous êtes militaire. Votre régiment est posté à la frontière birmane. C'est votre tour de garde. Vous vous ennuyez ferme lorsque tout à coup un individu surgit devant vous. Il se jette a vos pieds et après vous avoir expliqué dans un Thaï approximatif qu'il est un réfugié Karen, il vous supplie de le laisser passer.


A) Après avoir vérifié que personne ne vous observait, vous lui faites signe de passer et vous regardez ailleurs.


B) Vous le conduisez à vos supérieurs. Ce sera à eux de prendre une décision.


C) Vous le conduisez sous la menace de votre arme devant un champs de mines qui se trouve plus loin. Vous le forcez à le traverser. Lorsqu'au bout d'une dizaine de mètres il saute, vous éclatez de rire.



Majorité de A:

Vous êtes gentil vous. Bonne pâte d'humeur égale, toujours prêt à rendre service aimant passionnément son pays, les gens vous aiment bien et il se trouvera toujours une bonne âme comme vous pour vous offrir un verre de Lao Khao si vous êtes alcoolique. Si toute vos réponses sont des A c'est que vous êtes si gentil que vous êtes soit trop con pour être méchant soit le Ghandi thaïlandais en personne. On peut vous crachez à la gueule, vous donner un coup de pieds dans les couilles ou vous piquer votre femme vous seriez capable de dire merci avec un waï. Remuez vous un peu mon vieux. Faut être un peu méchant dans la vie sinon on se fait écraser. Cela dit vous pouvez tout aussi bien continuez comme ça. Vous accumulerez les points pour votre prochaine vie. Et n'oublions pas que c'est grâce à des gens comme vous, minoritaires certes mais une minorité conséquente, que de nombreux farangs adorent la Thaïlande. Vous verrez qu'après vous être réincarné vous finirez par vous le payer le pick up d'occasion.


Majorité de B:

Bien qu'égoïste, vous n'êtes pas complètement mauvais. Il peut même vous arrivez d'être sympa si vous y trouvez un intérêt. Vous faites parti en fait de la majorité du peuple Thaï. Bien que Bouddhistes, vous vénérez d'abord l'argent. Mais vous faites rarement le mal directement sauf s'il n'y a aucun risque. C'est votre supérieur qui enverra le Karen se faire exploser dans le champ de mine, C'est la bijouterie ou le dealer qui plumeront le farang, pas vous qui ne ferez que toucher une honnête commission et même s'il est de notoriété publique que vous tabassez votre femme, ce n'est pas considéré comme un crime en Thaïlande. Vous êtes un pragmatique qui ne vous mettez jamais en avant. Vous irez loin dans votre médiocrité mais ne comptez pas trop sur une bonne réincarnation. Si quelques A modèrent votre majorité de B vous renaîtrez peut être paysan pauvre criblé de dettes à la peau brunie par le soleil ou pute esclave dans un bordel pour Sino-Thaïs de Yaowarat. Mais si votre ça est aggravé par quelques C vous risquez fort lors de votre prochaine existence de vous retrouver dans la peau d'un chien engraissé dans un élevage de Sakhon Nakhon avant d'être abattu d'un coup de gourdin sur la tete, depecé et boulotté lors d'un repas convivial arrosé de Lao Khao.


Majorité de C:

A ça rien ne vous arrêtes pour parvenir à votre but. Vous irez très loin. Général d'armée, colonel de police, président de conseil privé, magnat des télécommunications ou leader de secte bouddhiste végétarienne, votre carrière est toute tracée. Vous savez lécher les bottes des autres quand vous êtes au bas de l'échelle ou vous les faire lécher quand vous êtes au sommet. Vous avez un avantage sur la plèbe car vous savez ce que vous voulez et connaissez le chemin pour y arriver. Un petit obstacle? On l'écrase et on en parle plus. Un gros? On louvoie si bien qu'on finit par le contourner sans peine. Le seul hic dans tout ça, c'est la réincarnation. Vous aurez le choix entre une grenouille qu'on vient de capturer et à qui on brise les os des pattes pour l'empêcher de s'échapper, un crabe de rizière qui finira noyé dans la saumure ou encore un scarabé à qui on arrache les pattes avant de le passer encore vivant à la poêle. Dur dur tout ça mais on a rien sans rien n'est ce pas?


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Vendredi 21 août 2009
Lundi 26 octobre 2009

10 heure du matin:

Roger se réveille difficilement car il a la gueule de bois. Sa femme picore dans la cuisine un "khanom chin" acheté un peu plus tôt à la grosse marchande du bout du soi.

- KOUNG, CAFÉ, hurle le Français de son lit.
- Yes tilak. dio dio (attend attend), répond la jeune femme de 21 ans.

Koung met en marche le percolateur acheté par Roger le mois dernier à Carrefour. Roger a dut lui expliquer 50 fois comment le faire marcher avant qu'elle ne finisse par comprendre. Cinq minutes après, elle apporte le café fumant à son mari farang.

- Fait moi bread hot avec butter, ordonne Roger à Koung.
- Yes tilak, répond cette dernière.

Après avoir fini son petit déjeuner, Roger va prendre sa douche. Ensuite il dit à sa femme:
- Prépare toi, we go Carrefour. Camembert et Pastis finish.
- Yes tilak, today tilak buy new tolasap (telephone) nokia me, OK?
- On verra, grommelle Roger.

Roger et Koung qui habitent un condominium, se dirigent vers l'ascenseur. Dans celui ci ils tombent sur le copain de Roger, François 53 ans de l'étage au dessus accompagné de sa femme Noi, 24 ans.

- Salut François, tu vas où?
- A Carrefour crématoire répond François qui aime bien les plaisanteries fines.
- Ça par exemple moi aussi, réplique Roger. J'ai plus de Pastis et ma femme veut que je lui achète un nouveau portable. Quelle conne! Ça ne sait que dépenser. Heureusement qu'elle suce bien sinon je l'aurais jeté depuis longtemps ce garage à bites.
- Tu viens à la partie de belote ce soir? Il y aura Philippe et le gros Jules.

Ce que François appelle "la partie de belote" est en fait la virée hebdomadaire des quatre compères au gogo bar "French Lover" tenu par Emile le Niçois.

- Bien sur.

PRRRROOOOUUUET

- Oh t'es vraiment dégueulasse Roger. T'aurais pu attendre qu'on soit sorti de l'ascenseur. Et puis devant les filles quand même...

- T'inquiètes pas, elles sont habituées ces salopes. Ça pue pas plus que la sauce de merde qu'elles mettent dans leur truc à la Papaye.

Pendant ce temps les deux femmes papotent:

- Meung tot ikk leo (La bête a encore pété) dit Noi.

- Bok sat. Chan na bua mi poua na kliat mouan khan iya ni. (L'animal. J'en ai raz le bol d'avoir un mec ignoble comme ce varan là) réplique Koung avec mépris.

- Men mouan ki. (Il pue la merde) constate la femme de François.

Ce dernier, pour changer de sujet, demande à Roger:

- T'as vu le journal sur TV 5 hier. Les bougnoules ont encore cramés des bagnoles à Paname.

- Ouais, ce Sarko est un minable. On l'attend toujours son karsher.

- Moi de toute façon j'ai voté Le Pen aux dernières élecs. Sarko, c'est un sale juif et jamais j'aurais donné ma voix à ça.

- Même Le Pen c'est pas assez. Non en France c'est un Hitler qu'il nous faut. Tous ces ratons au four. D'ailleurs, si l'Allemagne avait gagné la guerre de 40 on en serait pas là.

Les deux compères sortent de l'ascenseur et se dirigent chacun vers leurs voitures respectives.

- Rendez vous à Carrefour.

- D'accord.

Roger monte dans son 4 x 4 Mitchubishi flambant neuf avec jantes en aluminium, siège en cuir, lecteur CD, petite télévision pour sa femme etc etc... Il démarre au quart de tour. 300 mètres plus loin, un policier l'arrête et lui demande 500 bath parce qu'il n'avais pas mit sa ceinture. Roger lui tend à contrecoeur un billet mauve.

Après avoir fait ses provisions de camembert, de reblochon, de saucisson, de pâté, de pastis, de pinard et acheté de mauvaise grâce le nokia à sa femme, Roger et son ami François sortent ensemble du Carrefour. Il est midi. Roger dit à François:

- On se retrouve au resto de Dédé dans une heure.

- Ça marche.

André est un Savoyard qui tient "Le bistro de Paris" situé au soi 11. Une heure plus tard, tandis que les filles vont manger un som tam au coin de la rue, François et Roger se retrouvent chez lui. André les accueille par ses mots:

- Salut les copains. C'est l'anniversaire de ma fille aujourd'hui. Je vous offre l'apéro. Qu'est ce que vous prenez?

Roger se tourne vers François et grommelle:

- C'est rare qu'il offre quelque chose ce rat là. Je vais prendre un truc cher pour le faire chier.

Puis il se retourne vers André:

- Sert nous donc de cette bouteille d'Armagnac que je vois là bas.

André fait un peu la gueule mais s'exécute.

Après que les deux compère aient fini leurs verres, André leur demande

- Et qu'est ce que vous voulez manger aujourd'hui?

- Un steak fritte répond Roger.

- Pareil pour moi ajoute François.

- Et un litron de rouge.

Une fois leur repas terminé, les deux Français se quittent.

- Alors à ce soir, dit François à Roger avec un clin d'oeil.

- Ouais.

Rentré chez lui, Roger s'installe devant son ordinateur et se connecte à son forum de discussion internet favori, http://www.clakos-durian.com.

Il commence par ouvrir un nouveau topic: "un flic m'a encore raqueté. 500 bath qu'il m'a piqué ce connard. Ils ne se gênent vraiment pas ces flics. On verrait pas ça en France. Ces Thaïs faut toujours qu'ils cherchent à gratter un biffeton ici où là. Jamais vu un pays aussi corrompu. Y en a raz le bol."

- Tient, Ruby 40 a ouvert un nouveau post, se marmonne t-il à lui même, "Quel est le meilleur endroit pour faire laver son linge à Pattaya". L'a toujours pas acheter une machine cet abruti.

Puis il se tourne vers Koung qui est en train de se vernir les ongles de l'autre coté de la pièce:

- KOUNG, BIÈRE!

Après avoir bu quelques gorgée de sa Singha (ces singes savent au moins faire une bonne bière se dit-il) il tape sur son clavier: "T'as qu'à aller chez la copine à Norbert, au soi 7, c'est elle qui lave le mieux et puis Norbert est un vieux pote".

Il lit alors le message de L'araignée (c'est le pseudo de son pote François qui habite un étage au dessus) qui est en ligne:

"Aujourd'hui je suis allé à Carrefour (crématoire Hi Hi Hi). Il y avait une super promotion sur le pâté. Allez y vous ne le regretterez pas."

Roger rajoute en dessous:

"Et le pastis, 750 baths seulement."

Ensuite il regarde les photos de vacances de Pauletkai puis lit le texte de ce dernier "Depuis deux jours, nous sommes à Chiang Mai, Kai et moi. Hier nous sommes allés dîner au Riverside près de la Punk river, c'était très bon mais je sais pas le nom du plat. Après nous avons été au marché de nuit. Je me suis acheté une chemise Lacoste pour 150 bath, ça fait 3 euros, c'était une affaire. Ce matin, au petit déjeuner, j'ai eu du café, du pain et du beurre. C'est marrant, ils ont des petits déjeuner comme chez nous les Thaïs."

Pour faire enrager Pauletkai le modérateur de clakos-durian, il écrit:
"Et les putes de la rue Loi Kroh, c'est combien la passe?". Il sait que dés que le modo lira ce message, il va le supprimer mais il aime bien l'emmerder.

Après il ouvre le post de Pervers de Koh Samui (Pervers de Koh Samui est un ancien para de 39 ans qui aime bien raconter ses souvenirs de la bataille de Dien Bien Phu en 54. C'est le spécialiste du forum pour les questions militaires): "Quand est ce que l'armée thaïe nous débarrassera de ces rouges qui manifestent?"

"Les rouges ont encore manifesté hier. Vite, que l'armée les passe au mixer, les fasse rôtir sur le grill, viole leurs femmes avec des battes de basse ball, sodomise leurs enfants avec des téléphones portables AAAARGH JE JOUIS..."

L'araignée, qui n'a jamais pu blairer les rouges depuis qu'il a été bloqué 6 heures dans un embouteillage à Bangkok à cause d'une manifestation, a vite enchaîné:

"Oui il serait tant que l'armée réagisse et mettent tous ces rouges dans le carrefour crématoire Hi Hi Hi. De toute façon les cocos faut les exterminer."

Roger se prépare à rajouter quelque chose, puis il se souvient que lorsqu'il a demandé à Pervers par message privé s'il avait rencontré son père Fernand, gardien au bagne de Poulo Condore, quand il servait en Indochine, celui ci avait répondu sur un ton méprisant que lui il était là où ça se battait et qu'il avait bien dut zigouiller plus de 1000 Viets à lui tout seul. Bien qu'il conserve toujours son admiration pour Pervers, Roger lui en veut un peu pour cela.

Puis il passe à sa boite de réception Gmail. Il rédige un courriel pour son fils de 28 ans qu'il a eu avec sa première femme, une Française:
"Bonjour mon chéri comment vas tu? La Thaïlande c'est super tu sais. Aujourd'hui, un policier m'a arrêté parce que j'avais oublié de mettre la ceinture. Il était très gentil et ne m'a fait payer que 10 euros. 10 euros, tu te rends compte, en France j'en aurait eu pour 250 euros au moins. Ta belle mère Koung va bien. Elle va bientôt obtenir son doctorat. L'université dit que c'est une des meilleures étudiantes. Je suis très fier d'elle. Elle t'embrasse et moi aussi je t'embrasse bien fort. Embrasse pour moi ma belle fille Charlotte et mes petits enfants chéris Geraldine et Jordan. Ton père l'aventurier qui t'aime."

Au bout d'un moment, il en a marre de l'ordinateur et puis c'est l'heure du match PSG - Olympique de Marseille sur TV 5. Il éteint l'ordinateur, s'installe dans le divan, allume la téloche et gueule:

- KOUNG, BIÈRE!

Il boit une grande gorgée à la bouteille puis regarde le match.

- J'espère bien que le PSG va gagner. Ça fera enrager le Pastaga du forum (Pastaga est le pseudo d'un Marseillais habitant à Udon Thani qui a ouvert un restaurant provençal, "La Bouille à Baise" qui est l'un des deux seul restaurants français d'Udon, l'autre étant "La Foufounette Jaune").

Une fois le match terminé, Roger (de mauvaise humeur car le PSG a perdu) se lève et dit à Koung:

- J'y go eat. No wait me car I go play belote avec les copains.

Roger s'en va en claquant la porte (il ne digère vraiment pas la défaite du PSG). Une minute après, Koung se saisit de son nouveau téléphone portable et compose un numéro:

- Meung Pai leo. Ma tini, leo leo. (La bête est partie, viens ici, vite).

Pendant ce temps Roger monte dans son 4 x 4 Mitchubishi flambant neuf avec jantes en aluminium, siège en cuir, lecteur CD, petite télévision pour sa femme etc etc... et démarre au quart de tour.
300 mètres plus loin, un policier l'arrête. C'est le même que tout à l'heure et de nouveau il lui demande 500 bath parce que, une fois de plus, il n'avais pas sa ceinture.

Après avoir empoché le billet, le flic regarde d'un oeil indiffèrent Roger visiblement mécontent repartir. Une fois la voiture du Français disparu, le policier saute sur sa moto, démarre et s'arrête 300 mètres plus loin devant le condominium. Il entre, monte dans l'ascenseur, en ressort une fois arrivé à destination et frappe à la porte de Roger. Koung lui ouvre et lui saute au cou. Il l'entraîne sur le divan, soulève la mini jupe, lui arrache sa culotte, baisse son pantalon et la prend en levrette devant la télévision que Roger avait oublié d'éteindre. Tandis que le flic la bourre sauvagement, Koung râle de plaisir devant Julien Lepers en train de présenter Question pour un Champion.

Entre-temps Roger est allé au resto d'André. Il s'attable et commande une pizza et un litron de rouge. Tout en mangeant, il regarde sur la télévision du restaurant Julien Lepers interroger les quatre candidats qui sont Martine, enseignante à Narbonne, Robert, garagiste à Rennes, Jacques qui possède un bureau de tabac à Pontoise et Josette, cadre dans une banque à Colmar. Julien Lepers pose sa question:
- Et maintenant une nouvelle question, quel est le nom de la capitale de la Thaïlande?
- BANGKOK rugit Roger.
- Oui Bangkok confirme André de derrière son comptoir.
Les candidats ont l'air un peu perdus. Martine l'enseignante se gratte la tête.
- Oui Martine, demande Julien Lepers
- Non vraiment je vois pas, répond l'enseignante.
- BANGKOK hurle de nouveau Roger.
- Jacques, je vois que vous l'avez sur le bout de la langue continue l'animateur.
- Ben, on avait prévu avec ma femme d'y passer des vacances l'année dernière et puis finalement on est allés en Tunisie. Je me rappelle plus du nom.
- BANGKOK BANDE DE CONS, BANGKOK!
Ding
- Et bien la réponse est ... Bangkok, révèle Julien Lepers, et maintenant passons à la question suivante...
- Oh les cons, t'as vu André, même moi je le savais alors que d'habitude j'arrive jamais à trouver les réponses à ces questions de merde.
- Oui ça c'est vrai. Même nous on le savait, répond André.
Roger se replonge dans son repas satisfait d'avoir trouvé la réponse.

Une fois son dîner terminé il paye et repart dans son 4 x 4 Mitchubishi flambant neuf avec jantes en aluminium, siège en cuir, lecteur CD, petite télévision pour sa femme etc... Il démarre au quart de tour.

Arrivé non loin du "French Lover" il se gare, descend et se dirige vers le gogo bar. Tous ses copains y sont déjà.

- Salut Roger, l'accueille Emile, qu'est ce que tu prends?

- File moi une bière.

- Comment tu vas Roger? lui demande Philippe d'un air distrait car il est occupé à tripoter une jeune fille de bar assise sur ses genoux.

- Mal, il y a un enculé de flic qui m'a raqueté deux fois aujourd'hui. 1000 bath en tout le pédé, qu'il s'est mit dans la poche.

- C'est pas le moustachu qui est toujours à 300 mètres du condo? lui demande François qui se fait masser le dos par une autre fille.

- Si, pourquoi? Tu le connais?

- Il m'a pris 500 bath aujourd'hui parce que j'avais oublié de mettre mon clignotant pour tourner à gauche.
- L'enculé, il doit se gaver, dit Roger qui, bien qu'il ne le montre pas, est content que Francois se soit fait avoir lui aussi bien qu'il aurait été plus heureux si l'autre avait dut payer deux fois, comme lui.

Au même moment, dans l'appartement de Roger, Koung et le flic viennent de terminer leur partie de baise. Ce dernier remonte son pantalon, fait une bise à Koung et s'en va. Une fois dans l'ascenseur, il appui le bouton pour l'étage du dessus. Arrivé devant la porte de François, il frappe. Noi ouvre la porte et lui saute au cou. Le fougueux policier l'entraîne sur le lit de François, lui arrache ses vêtements baisse son pantalon et la pénètre avec précipitation. Noi gémie de plaisir.

- Si nos femmes savaient qu'on est ici, elle nous couperait le gland, dit le gros jules en se marrant, une fille sur chaque genoux. Ces connes doivent être en train de regarder un de leurs feuilletons débiles à la télé.

Roger, voyant que tous ses potes sont occupé, se retourne et interpelle une fille un peu plus loin:

- Toi, vient ici, come here!

- You pay beer for me, lui demande la fille en s'approchant.

- Oui mais viens t'asseoir là, ordonne t-il en se tapotant les cuisse.

Au bout de quatre bières, François ressent une terrible envie de pisser. Il laisse sa conquête d'un soir et dit aux autres:

- Je vais aux chiottes. A tout de suite.

Une fois qu'il a disparu, Emile le Niçois demande à Roger:

- Il a une bonne retraite François? Il a l'air à ses aises. Comment il fait?

Malgré son cerveau embrumé par l'alcool et abruti par la musique techno, Roger se rappelle vaguement que le Niçois lui avait déjà posé la même question il y a une semaine mais il n'en est pas sur (en fait, Emile, qui adore les ragots, lui pose la question à chaque fois qu'il vient dans son bar).

- Il travaillait au service administratif d'EDF et il a eu un accident du travail. Cet enculé s'est électrocuté en changeant l'ampoule de sa cuisine. EDF l'a mit en préretraite avec prime d'accident du travail. Il touche 2400 euros par mois. C'est dégueulasse, moi aussi je me suis électrocuté en changeant l'ampoule de mes chiottes une fois. EDF m'a rien donné à moi.

- Oui mais toi tu n'y travaillais pas, réplique le Niçois hilare.

Une heure et quelques bières plus tard, Roger demande à Emile.

- File moi une de tes chambre pour les passes, j'ai envie de me la faire la petite, depuis une heure qu'elle me pelote.

- OK Roger, mais paye l'addition d'abord. La chambre, 900 bath, 14 bières, 1400 bath (Emile en profite toujours pour rajouter deux ou trois bières imaginaire à ses clients quand il voit que ceux ci sont trop bourrés pour s'en rendre compte), la sortie de bar de la fille, 800 bath, trois drink pour la fille, 450 bath. Ça fait 3550 bath.

Roger sort son portefeuille et en retire quatre billets de 1000 bath. Emile lui rend la monnaie et lui donne une clé:

- La cinq, au bout du couloir à gauche.

Roger se lève et, en titubant, se dirige vers la chambre suivit de la fille.

Une fois qu'il a disparu, le Niçois se tourne vers François:

- Mais d'où il sort tout son pognon? Parce qu'il en a le lascar.

- Y parait qu'en France c'était un entrepreneur véreux qui aurait fait une faillite frauduleuse. Il serait parti avec la caisse, des millions d'euros à ce qu'on dit. Certains racontent qu'il ne peut plus y retourner au pays, répond François.

- En tout cas, il le jette par les fenêtres son fric. Les filles racontent qu'il bande une fois sur dix peut être.

- Ma femme a croisé la sienne au marché l'autre jour, intervient le gros Jules, elle lui a dit la même chose.

- C'est normal avec tout ce qu'il boit, renchéri Philippe qui a déjà consommé 13 bouteilles de bières depuis qu'il est dans le gogo bar.

Pendant ce temps, dans la chambre, la fille s'active sur la bite de Roger avec sa bouche mais sans parvenir à un résultat conséquent. Au bout d'un moment elle entend:

ZZZZZZZZZZZZZZZZ

La fille fouille alors les poches de Roger et en sort le portefeuille. Elle compte les billets de 1000 bath. Il en reste 12. Elle en retire 5 et remet le portefeuille dans la poche du Français.

A 2 heures du matin, le Niçois ouvre la porte de la chambre cinq et tapote sur Roger qui est en train de cuver. Puis comme l'autre ne se réveille pas, il le secoue de plus en plus fort:

- Eh, réveille toi!

- Euh keskispasse?

- On ferme, tout le monde est parti. Tu dois rentrer chez toi.

Roger relève difficilement son pantalon. Il sort en titubant du bar et se dirige vers son 4 x 4 Mitchubishi flambant neuf avec jantes en aluminium, siège en cuir, lecteur CD, petite télévision pour sa femme etc etc... Une fois dedans il démarre et se dirige vers chez lui. A 300 mètres du condominium, un flic l'arrête. Roger se rappelle vaguement l'avoir vu quelque part mais il a oublié où. Le policier le fait souffler dans l'alcootest et lui impose une amende de 7000 bath pour conduite en état d'ébriété. Roger sort son portefeuille et compte difficilement les billets. Il en reste juste 7. Il se dit qu'il a du pot mais qu'il faudra qu'il aille au distributeur demain. Il repart, s'arrête en double file devant le condo, sort de la voiture, monte dans l'ascenseur et doit frapper plusieurs fois à la porte pour réveiller Koung. Quand celle ci, les yeux rougis par le sommeil ouvre, Roger se dirige vers la chambre sans un mot d'explication pour sa femme et
s'écroule sur le lit sans même se déshabiller.

Le flic, qui a fini sa journée, retourne lui aussi chez lui où l'attend sa femme et ses deux enfants. En chemin il se dit que l'information que Bo (la fille qui est partie dans la chambre des passes avec Roger) lui a donné sur le nombre de billets qui restaient dans le portefeuille du "farang gno muan kwai" (con comme un buffle) était bonne. La prochaine fois qu'il ira la baiser, il lui en donnera un.

Le lendemain, mardi 27 octobre 2009

10 heure du matin:

Roger se réveille difficilement car il a la gueule de bois. Sa femme picore dans la cuisine un "khanom chin" acheté un peu plus tôt à la grosse marchande du bout du soi.

- KOUNG, CAFÉ!
A suivre...


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Mercredi 4 février 2009
Originaire d'une famille très pauvre Supranee, mariée a un paysan aussi démuni qu'elle et mère de trois enfants, eu l'idée de dealer du Yaba pour s'enrichir.

A cette époque (1996) , dans ce district campagnard de la province d'Ubon les paysans consommaient surtout de la marijuana ou du lao kao (alcool de riz au goût infect). Le Yaba (traduction thaïe de pilule qui rend fou, en fait un amphétamine mal raffiné) personne ne connaissait a l'époque. Certes, dans les grandes villes la jeunesse en prenait souvent avant de partir s'éclater en boite de nuit mais la drogue n'avait pas atteint les bourgs endormis. Avec Supranee les choses allaient changer.

Elle parti donc a la frontière Laotienne se constituer un stock grâce a l'argent qu'elle avait durement gagné a trimer dans les rizières sous un soleil de plomb. Revenue au bled, elle distribua gratuitement 10 pour cent de ses cachets au collégiens pour leur faire goûter. Ces derniers, appréciant l'effet, lui en redemandèrent et elle revendit les 90 pour cent restant dix fois plus cher que ce qu'elle l'avait payée. Elle réinvestie immédiatement cet argent facilement gagné dans un nouveau stock beaucoup plus important que le précèdent qu'elle revendit très vite et ainsi de suite. Supranee venait de lancer une nouvelle mode, la mode du Yaba.

Au bout de quelques mois elle partie pour Ubon, se rendit au magasin de voiture, s'acheta le plus beau pick up qui s'y trouvait et manqua de faire s'évanouir le vendeur en déversant sur son bureau un sac de voyage rempli de liasse de billet de mille baths (environ 20 euros, la plus grosse coupure que l'on trouve en Thaïlande).
Un an après Supranee possédait, en plus du pick up, la plus jolie maison du village, deux autres voitures, un compte en banque garni de plusieurs millions de baths (et ou elle devait emmener sa fille, une collégienne de 13 ans, a chaque fois qu'elle voulait retirer de l'argent car cette nouvelle millionnaire savait a peine lire et écrire et était incapable de comprendre le fonctionnement d'un distributeur de billets) et elle était propriétaire de 140 rai de rizières (1 rai égale 1600 mètres carrés). La police commença a s'intéresser sérieusement a elle.
Tout d'abord Supranee s'aperçue que lorsqu'elle prenait son pick up, une autre voiture garée un peu plus loin démarrait en même temps qu'elle et se mettait a la suivre. Elle ne mit pas longtemps a comprendre que les deux types a l'intérieur étaient des flics en civil. Puis ce fut les décentes. Deux ou trois fois par semaine une dizaine de flics, en uniforme ceux la, se pointaient chez elle, fouillaient partout et, après avoir mit tout en bordel, repartaient sans ranger. Une fois elle commença a protester mais le policier a qui elle s'adressa lui mit un baffe retentissante en lui disant "Ta gueule pouffiasse, on finira bien par trouver ou tu cache la drogue". Depuis elle lassa saccager sa maison sans protester et arrêta de vendre du Yaba.
Un jour, elle se rendit au commissariat et demanda a parler au plus haut gradé présent. On la conduisit au bureau du commandant Thanit. Elle proposa de se tenir a carreau et de verser 3 millions de baths sur le compte en banque du policier. Celui ci lui répondit que c'était un peu tard, que si elle lui avait proposé de l'argent au début il l'aurait accepté bien sur mais que comme il n'avait rien vu venir, il avait envoyé un rapport a la brigade des stups de Bangkok et que d'ailleurs les deux flics qui la suivait en voiture en faisait parti et a ce titre ne dépendait pas de lui. Et qu'aussi ils étaient en train d'intimider les consommateurs pour les pousser a témoigner contre elle. Supranee comprit qu'elle était foutue.

Elle transféra la totalité de son argent sur deux comptes nouvellement ouvert, l'un au nom de son mari, l'autre a celui de sa fille de dix neuf ans. Elle distribua toutes ses terres et ses trois voitures a son mari et a ses enfants.
Après elle divorça en prenant tous les torts sur elle et laissa la garde des deux autres enfants non majeur a son mari. Puis elle alla au commissariat et se dénonça.

Elle a été condamnée a 15 en de prison. Sa famille a gardé tous ses biens mal acquis. Thanit a été félicité par sa hiérarchie pour avoir arrêter une grande trafiquante de drogue. Sa famille, reconnaissante, lui rendit régulièrement visite jusqu'en 2003 date a laquelle elle a disparue. Il ne leur fut plus possible de la voir. Alors les gens se posèrent des questions. Lui refuse t'on les visites ? S'est elle évadée ? A t'elle été assassinée ? Beaucoup de gens pensaient que le commandant Thanit l'avait fait disparaître pour éviter qu'elle parle. Elle lui aurait laissé beaucoup d'argent a lui aussi pour qu'il foute la paix a sa famille.

Il est vrai que, peu après l'arrestation de Supranee lui aussi est allé s'acheter une voiture neuve. Et tout comme elle il l'a payé cash. En Thaïlande un commandant de Police gagne 25 000 baths (500 euros) par mois et un beau pick up neuf coûte environ 600 000 baths (12 000 euros).

Cependant, toutes ses rumeurs se révélèrent infondées car en septembre 2008, Supranee a été libérée après avoir passée une dizaines d'année en prison. elle s'est depuis remariée avec son ancien époux. C'était elle qui avait demandé à sa famille d'arrêter les visites pour éviter de trop attirer l'attention sur eux. Ses trois enfants, qui ont tous pus se payer des études avec l'argent du Yaba, ont maintenant de bons emplois et s'occupent de leur Maman qui jouie à présent d'une retraite bien méritée aux cotés de son tendre et aimant mari.

Aujourd'hui plein de gens vendent du Yaba dans le district mais, du fait de la concurrence, aucun n'a réussi a s'enrichir comme Supranee.

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Samedi 4 octobre 2008
Somkit venait d'épouser Wimala et avait du s'endetter pour payer le kanamneum (une sorte de dote) et les frais du mariage. La vente de la récolte de riz de l'année et celle de ses trois buffles n'avait pas suffit et il avait du emprunter 50 000 baths (environ 1000 euros) a la préteuse Chinoise du bourg. Seulement celle ci demandait 5 % d'intérêt par mois soit 60 % par an. Et il avait du lui laisser le titre de propriété de sa ferme de 25 rai (un rai égale 1600 mètres carrés) en gage. Au début il ne se préoccupa pas trop de sa dette "Bo pen iang" ce n'est pas grave, on verra plus tard. Le couple était très amoureux. Il faut dire que Wimala était une des plus jolies femmes du village. Très vite elle fut enceinte et, neuf mois plus tard, c'est un Somkit rayonnant de bonheur qui assista a la naissance de son premier enfant, une fille qu'ils appelèrent Nipa.

Seulement la Chinoise s'impatientait. Elle envoya quelqu'un prévenir Somkit que s'il ne payait pas les intérêts très vite, elle se saisirai de sa propriété et le ferait expulser. Celui ci ne pouvait rien contre elle. Elle avait de puissantes relations et son frère était député de la circonscription et un des hommes les plus riches de la province d'Ubon. Lui n'était qu'un petit paysan donc au plus bas de l'échelle dans la société thaïe ou l'égalité n'existe pas. Pris a la gorge, Somkit se décida a partir travailler sur un chantier de construction a Singapour en laissant sa femme au village s'occuper de sa fille et des rizières.

Tous les mois il envoyait les neufs dixièmes de son salaire a sa femme gardant le reste pour vivre. Il travaillait dur douze heures par jour, mangeait très peu et partageait une chambre insalubre de 30 mètres carrés avec dix autres ouvriers Thais de l'Issan (le nord est de la Thailande, région la plus pauvre du pays) comme lui. Wimala quant a elle, remboursait avec le salaire de Somkit les intérêts de la dette qui s'était accumulés. Il ne lui restait que très peu d'argent pour vivre. C'est alors que Tawee fit irruption dans leurs vies.

Tawee était enseignant a l'École primaire du village. A ce titre il avait un salaire régulier. C'était un bel homme de 35 ans mariée lui aussi. Ça faisait longtemps qu'il avait remarqué la femme de Somkit car elle était vraiment très belle. Un jour il passa devant la maison de Wimala avec son beau pick up dont il n'avait pas fini de payer le crédit, s'arrêta et proposa a la jeune femme de l'inviter dans le meilleur restaurant d'Ubon Ratchatani, la capitale provinciale. Wimala, éblouie par le charme du bel enseignant accepta. Quant, une semaine plus tard, Wimala réapparu au village, elle était transformée. Tout le monde pu remarquer son air amoureux, absent, et surtout la jolie robe qu'elle n'avait certainement pas pu s'acheter avec ce qui restait du salaire de Somkit après avoir payée la Chinoise. Et depuis lors, régulièrement Tawee passait prendre Wimala et l'emmenait pour 3 ou 4 jours dans un hôtel d'Ubon.

Rassanee, l'épouse légitime de Tawee ne fut pas longue a comprendre que son mari avait une maîtresse. Tout le village jasait sur cette histoire. De plus, l'enseignant s'absentait de plus en plus souvent. Un jour, a son retour, elle lui fit une terrible scène de jalousie. Tous les voisins purent entendre les hurlements de la femme qui avait une voix particulièrement stridente. Au bout d'un moment le mari excédé sauta dans son pick up et parti rejoindre Wimala. Ce soir la, ils firent l'amour dans le lit même de Somkit alors que le bébé dormait a coté.

Le lendemain, Rassanee se pointa devant la maison de Somkit et commença a insulter les deux amants. Wimala descendit furieuse et les deux femmes commencèrent a se battre. Tawee dut appeler les voisins a son aide pour séparer les deux furies. La femme de l'enseignant rentra chez elle pleine de haine dans son coeur. Elle se saisi alors d'une feuille de papier et d'un stylo et écrivit une lettre a Somkit ou elle lui raconta toute l'histoire.

Après avoir reçu la lettre, le mari de Wimala pleura longtemps. Somkit était quelqu'un de particulièrement doux et gentil et il aimait vraiment sa femme. Il culpabilisa, se disant que tout était de sa faute, que s'il était resté a la maison, rien de tout cela ne serait arrivé. Il se considérait comme fautif oubliant par la même occasion que c'était a cause de la pression de la Chinoise qu'il avait du s'expatrier a Singapour, pression due au fait qu'il avait du emprunter pour payer une dote aux parents de Wimala. Quant il eu fini de se lamenter, Somkit décida de rentrer chez lui.

Wimala était en train de bercer sa petite fille quand il arriva. Elle fut tout d'abord surprise de le voir, il restait presque 30 000 baths a rembourser a la Chinoise. Puis ils s'embrassèrent, heureux de se retrouver. Malgré son amant, elle l'aimait toujours, bien qu'un peu moins qu'au début de leur mariage. C'est alors que Somkit montra la lettre de Rassanee a sa femme.

Wimala pleura après l'avoir lue. Elle expliqua a son mari que la vie était trop dur ici, qu'elle devait utiliser la presque totalité du salaire de Somkit pour payer l'usurière, qu'il ne lui restait que très peu d'argent pour manger, que Tawee avait eu pitié d'elle et l'avait invité plusieurs fois au restaurant mais que jamais, jamais il n'avaient couchés ensembles. C'était cette garce de Rassanee qui avait tout inventé. Cette femme était méchante. Une harpie qui adorait dire du mal des autres et qui passait son temps a hurler sur son mari (ce qui d'ailleurs n'était pas tout a fait faux). A son tour Somkit éclata en sanglots. Il pris tous les torts a son compte, se traita d'égoïste et de sans coeur pour abandonner ainsi son épouse seule a la maison et d'imbécile pour avoir pu croire ce que racontait cette lettre. Après les longues excuses de son mari, Wimala, qui s'attendait a ce qu'il la batte ou tout du moins la réprimande pour son
infidélité, commença a le mépriser.

Pendant quelques temps tout fut comme avant. On aurait pu croire que rien ne s'était passer. Certes beaucoup de gens avaient racontés en douce a Somkit ce qui était arrivé pendant son absence, mais comme Tawee et Wimala ne cherchaient pas a se revoir, il ne voulu pas avoir des explications avec sa femme. C'était le temps de la moisson. Après avoir récolté le riz de leur ferme les deux époux le vendirent et l'argent ainsi gagné pu effacer la moitié de la dette de Somkit. Ils allèrent ensuite aider a récolter le riz des autres fermes et ce qu'ils gagnèrent passa a la Chinoise. A la fin il ne restait plus que 13 000 baths a rembourser, mais les moissons terminées il n'y avait plus de travail pour Somkit et les intérêts (5 % par mois) recommencèrent a s'accumuler. Le mari de Wimala dut se résoudre a repartir pour Singapour.

Somkit parti, Wimala ne chercha pas tout de suite a revoir Tawee. Mais ce dernier avait vraiment envie de la retrouver. Rassanee était de plus en plus insupportable et il ne se passait pas un soir sans qu'elle ne lui fasse une scène. Un jour, excédé, il avait fini par lui coller une baffe mais cela avait rendu les choses pires encore. Furieuse, elle s'était mise a tout casser dans la maison. Il pris alors sa voiture et parti pour Ubon. Le lendemain, il rentra au village mais, au lieu d'aller chez lui, il se rendit directement chez Somkit. La, il appela Wimala et lui offrit un magnifique bracelet en or qu'il venait d'acheter dans un magasin de la grande ville. Le soir il dormait dans le lit de Somkit avec la femme de ce dernier.

Rassanee dut partir quelques temps voir sa mère qui habitait a Khorat (grande ville située a environ 300 km d'Ubon en direction de Bangkok) et qui était très malade. Somkit en avait pour un bout de temps a travailler a Singapour. Tawee et Wimala pouvaient donc s'aimer sans retenue. Ils ne s'en privèrent pas. Pendant des mois les deux amants vécurent un amour fou. La fille de Somkit, âgée de deux ans au moment du départ de son père pour Singapour, était trop petite pour se rendre compte de quoi que ce soit, quant aux ragots du village et aux regards mauvais que leur jetaient les gens, tout ça leur passait au dessus de la tète.

Deux ans plus tard, Somkit continuait a envoyer de l'argent a sa femme pour payer une dette désormais imaginaire vu qu'elle était remboursée depuis déjà plusieurs mois, seulement sa femme avait délibérément omit de lui faire part de ce détail. Le salaire de Somkit lui servait en fait a mener la grande vie. Elle n'était pas non plus emmerdée par Rassanee car la mère de celle ci était de plus en plus mal l'obligeant a rester a son chevet car elle était fille unique et la vieille dame n'avait personne pour s'occuper d'elle. De plus, comme Wimala disposant du salaire de son mari, Tawee pouvait envoyer la moitié du sien a son épouse, ce qui avait en plus l'avantage de calmer les soupçons de Rassanee. Celle ci prenant la femme de Somkit pour une trainee etait incapable d'imaginer qu'elle puisse rester avec son mari pour autre chose que de l'argent. Bref tout était merveilleux pour les deux amants qui s'aimaient avec passion. Un jour
cependant, Somkit réapparu au village.

Tawee était encore dans la maison de Somkit quant celui ci arriva. Comme l'enseignant avait un statut supérieur au paysan ce dernier lui fit un wai (salut Thai, les deux mains jointes devant le visage comme pour une prière) respectueux. Tawee, un peu gêné car il venait juste de faire l'amour avec Wimala répondit au wai de Somkit. Puis après avoir raconté avec une voix mal assurée qu'il était venu voir si la femme et la petite fille n'avait besoin de rien, l'enseignant reparti chez lui. Somkit se tourna alors vers Wimala qui venait juste finir de s'habiller et remarqua les beaux bijoux en or qu'elle portait. Ils s'observèrent sans dire un mot. La tension était perceptible physiquement.

Au bout d'un moment qui parut très long a Somkit, Wimala finit par parler.
- Pourquoi es-tu rentré ?
- Mais chérie, ma soeur Malee m'a écrit que la dette était remboursée.
- Et que t'a t'elle écrit d'autre ?
- Elle m'a racontée que tu sortais avec l'enseignant.
Wimala laissa exploser sa colère :
- Oui c'est vrai, ta salope de soeur ne t'a pas menti. Il est beau et ce n'est pas un minable comme toi lui au moins. Il a une voiture et il m'offre de l'or.
Ces mots furent criés si fort que la petite fille de Somkit qui dormait a coté se réveilla brusquement et se mit a pleurer.

- Nipa, Nipa ne pleure pas, je suis ton père dit Somkit a sa fille qui allait sur ses cinq ans.
En le voyant s'approcher d'elle, la gamine qui ne le reconnaissait pas car il avait été absent depuis plus de deux ans sanglota de plus belle.
- tu vois, même elle ne veut pas te voir dit méchamment sa femme. Moi je m'en vais d'ici.
Elle se saisi de son sac et se dirigea vers la porte.
Somkit essaya de lui barrer le chemin.
- Chérie, chérie ne pars pas, oublions tout cela, recommençons tout comme avant.
- Laisse moi passer dit elle en le poussant violemment sur le coté.
En sortant, elle claqua la porte tellement fort que toute la maison trembla. Somkit, sous le choc de se qu'il venait de voir et fatigué du voyage fut incapable de réagir. Il se laissa glisser sur le lit et resta prostré. Les sanglots de Nipa redoublèrent.

Wimala revint trois jours plus tard. Elle se servit un verre d'eau sans même accorder un regard a son mari ni a sa fille. Somkit se décida a lui adresser la parole :
- Chérie, je sais que j'ai eu tort de te laisser seule. J'aurais du t'emmener a Singapour avec moi. Mais maintenant je suis revenu. et je ne t'abandonnerai plus jamais.
- Oh tais toi, lui répliqua sa femme d'une voix pleine de mépris.
- Mais chérie je ...
- FERME LA !!!
Il s'arrêta alors de parler. Une heure après un coup de klaxonne retentit de dehors. Wimala, qui entre temps s'était lavée et changée, pris son sac et avant de partir se tourna vers Son mari et lui dit :
- Je pars quelques jours pour Ubon. Occupe toi bien de Nipa.
Après avoir entendu le pick up démarrer, Somkit s'asseya sur le lit et se pris le visage entre les mains.

Cette situation dura quelques mois. Tawee passait prendre la femme de Somkit tous les vendredi soir et la ramenais le lundi matin. Le reste de la semaine, comme il enseignait, elle restait a la maison. Wimala faisait lit a part et les deux époux ne s'adressait presque plus la parole. A chaque fois que Somkit essayait d'élever une timide protestation, sa femme le rembarrait. Puis, la mère de Rassanee ayant fine par mourir, cette dernière revint au village.

Le 16 mars ce fut les vacances scolaires (en Thailande les grandes vacances ont lieu de la mi-mars a la mi-mai). Tawee disposait donc de tout son temps pour s'occuper de Wimala. Il passa donc la prendre avec son pick up et ils partirent pour Ubon. Deux semaines plus tard, comme ils n'étaient pas revenus, Rassanee alla voir Somkit.
- Viens avec moi chercher ta femme et mon mari.
- Tu sais ou ils sont ?
- Dans un hôtel a Ubon. Allez prépares toi et allons y, le bus pour Ubon passe dans 10 minutes.
Somkit eu juste le temps de confier Nipa a sa soeur qui habitait a coté de chez lui, avant l'arrivée de l'autobus.

Une fois a Ubon, Rassanee entraîna le mari de Wimala vers Un hôtel près de la rivière Moun.
- Comment sais tu que c'est la qu'ils sont ? lui demanda Somkit.
- La semaine dernière j'ai fait tous les hôtels de cette ville pour les trouver. D'ailleurs regardes. C'est le pick up de mon mari qui est garé la. Attendons un peu plus loin. Ils ne vont pas tarder a sortir pour manger. On les interpellera a ce moment la. Effectivement, un quart d'heure plus tard Tawee et Wimala apparaissaient.

Rassanee se rua comme une furie sur son mari. elle l'invectiva d'une voix si forte que tous les passants se retournèrent.
- VIENS SALAUD, ON RENTRE A LA MAISON, hurla t'elle.
Vu que pleins de gens commençaient a se rapprocher et que Somkit était avec sa femme, Tawee n'osa pas protester. Il suivit docilement sa femme montèrent tous les deux dans le pick up et prirent la route du village. Somkit et Wimala restèrent face a face.

- Viens chérie, le bus pour le village va repartir dans une demi-heure.
Il avait parlé d'une voix très douce, presque gêné de l'avoir dérangée. Wimala , après avoir jeter un regard a son mari ou pouvait se lire tout le mépris qu'elle ressentait pour lui, le suivit sans dire un mot.

Et ce fut comme ça pendant des mois et des mois. Régulièrement les deux amants partaient pour Ubon. Mais ils avaient beau changer d'hôtel, Rassanee qui entraînait Somkit a sa suite, finissait toujours par les retrouver. De plus, quant Tawee venait la chercher, Wimala, sans un égard pour son mari, embrassait son amant devant lui avant de monter dans le pick up. Souvent il avait plein de villageois qui assistaient a la scène ce qui rajoutait a l'humiliation de Somkit. Un jour pourtant elle dépassa les bornes.

Somkit avait beaucoup travaillé ce jour la. Il avait couper beaucoup de bois pour faire de charbon et il rentrait chez lui crevé. Wimala l'attendait devant la porte.
- Tawee va divorcer, dit elle a son mari, et comme la maison appartient a Rassanee il ne peut pas y rester. Il va donc venir habiter ici. Il faut donc que tu vides les lieux. Emmènes Nipa avec toi.
- Mais chérie ...
- J'ai l'intention, moi aussi, de divorcer d'avec toi. Tu n'es qu'une merde. Tawee est un vrai homme lui, pas un minable comme toi. Je vais me remarier avec ...
Elle ne put terminer sa phrase. Somkit qui avait a la main la machette dont il s'était servit pour couper le bois, l'abattit de toute ses forces sur Wimala. Elle eu juste le temps de mettre son bras devant son visage dans un geste dérisoire de défense. Le membre fut sectionné juste en dessous du coude.
- CHIENNE, JE VAIS TE TUER !!! hurla t'il d'une voix déformée par la haine et il donna de nouveau un coup de son outil bien aiguisé sur sa femme.

Le deuxieme coup avait atteint Wimala au niveau du sein qui fut fendu en deux. Wimala s'enfuit en hurlant. Somkit lança la machette vers elle. L'outil la heurta a l'épaule. elle trébucha et tomba. Somkit prix alors une houe et commença a frapper le dot de Wimala avec.

La fille de Somkit apparu sur le palier et sanglota :
- Non papa, je t'en prie, ne fait pas de mal a maman.
Les voisins alertés par les cris. sortirent de chez eux et commencèrent a s'approcher.
- SOMKIT ARRÊTES, lui cria sa soeur.
- NE VOUS APPROCHEZ PAS SINON JE VOUS TUE VOUS AUSSI, hurla t'il la bave aux lèvres.
Les témoins apeurés par cet homme que la rage avait transformé en bête sauvage reculèrent en lui criant de s'arrêter. Somkit, ne les entendant même pas continua de s'acharner sur sa femme a terre. Quant il en eu fini avec elle, il ne restait plus de la jeune femme qu'un amas de chair sanguinolente.

Somkit, a qui les juges reconnurent les circonstances atténuantes, fut condamné a dix ans de prison. Tout le temps de sa peine il fut un prisonnier modèle, apprécié par ses codétenus et par les gardiens. En 2004, après 7 ans passes derrières les barreaux, il reçu la grâce royale et fut libéré. Il se remaria peut après avec une veuve dont l'ancien mari, dealer de yaba, avait été tué lors du massacre des petits revendeurs de drogue en 2003 (il y eu 2500 exécutions extrajudiciaires). Ils forment un couple heureux.

Nipa est devenu une adolescente aussi belle que sa mère. Début 2007 lorsqu'elle venait d'avoir 16 ans, un commerçant sino-thai du bourg ou elle allait au collège qui l'avait remarque depuis longtemps, a demandé sa main. Ils se sont mariés et l'homme, de 20 ans son aine, est très amoureux d'elle.

Tawee, objet de la haine et du mépris des villageois, a cherché a être muter. Il a fini par y arriver et il est parti avec Rassanee. Personne n'a plus jamais entendu parler d'eux.

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Samedi 4 octobre 2008
Lorsque Prisit sut que sa femme Pavena attendait un enfant, il fut le plus heureux des hommes. Ça faisait quatre ans qu'ils s'étaient marié mais elle n'était jamais tombé enceinte. En désespoir de cause, ils étaient allés à pied au sanctuaire Bouddhiste de That Phanom réputé, sans doute à cause de sa forme plus ou moins phallique, apporter la fertilité aux femmes stériles. Cela avait pris du temps depuis leur petit village perdu de la province de Sakhon et n'était pas sans danger car à cette époque, en 1977, la foret était infestée de bandits et de guérilleros communistes mais ils y étaient finalement arrivés et la jeune femme put prier pour avoir un bébé. Car Prisit avait prétendu un peu partout que c'était Pavena qui ne pouvait pas avoir d'enfant bien que les villageois pensaient que c'était plutôt lui et son gros penchant pour l'alcool qui étaient à blâmer. D'ailleurs ce jour là, dès l'annonce de la nouvelle, il alla
immédiatement fêter ça en achetant une bouteille d'alcool de riz qu'il alla boire chez un ami à lui. Après l'avoir finie, Prisit en paya une deuxième et ils continuèrent à boire jusqu'à ce qu'ils s'écroulent tous les deux dans la maison du copain. Prisit dormit sur le sol en ciment d'un sommeil sans rêve cette nuit là.
 
Quand Pavena ressentit ses premières douleurs, Prisit alla chercher la vieille sage femme du village car l'hôpital le plus proche se trouvait dans la ville de Sakhon à cinquante kilomètres du village et seul une piste en terre détrempée par les pluies de la mousson s'y rendait. De plus, en ce temps là, personne au village n'avait de voiture et ça aurait mit beaucoup trop de temps de s'y rendre en char à boeufs. De toute façon le couple n'aurait jamais eu de quoi se payer un accouchement moderne. La femme commença par réciter des incantations pour demander aux esprits de ne pas perturber la naissance, puis demanda à Pavena de se lever et de se tenir aux cordes que Prisit avait fixés au plafond peu avant. La sortie du bébé se passa difficilement. La jeune femme endura de terribles souffrances et perdit beaucoup de sang. Finalement le nouveau né apparu et la sage femme coupa le cordon. La mère regarda son fils et se mit à hurler "Pak Wègn", puis elle s'évanouie. En effet le nourrisson était affublé d'un énorme bec-de-lièvre (Pak Wègn en Thaï).
 
Le bébé fut appelé Piyachat. On lui lia des petits fils blancs autour des poignets pour le protéger des esprits. Pavena n'eut plus jamais d'autres enfants.
 
L'enfance de Piyachat fut difficile. les autres gamins refusaient de jouer avec et se moquaient de lui méchamment à la manière des enfants. "Pak Wègn na kiat" (Bec-de-lièvre l'horrible) répétaient-ils le plus souvent lorsque ils l'apercevaient et ils se mettaient à lui jeter des cailloux. Prisit se soûlait de plus en plus et les battait régulièrement lui et sa mère. Le garçon devint renfrogné et solitaire. Il prit l'habitude de s'isoler dans la foret.
 
Piyachat dut très tôt aider ses parents à travailler dans la rizière familiale. En mai c'était les labours avec l'aide des deux buffles de ses parents, puis les semailles et de juin à juillet, on repiquait. Enfin, d'octobre à novembre, on récoltait le riz à la faucille. Le reste de l'année, son père allait couper des arbres pour en faire du charbon de bois qu'il revendait. La plus grosse partie de l'argent gagné passait dans l'alcool. Le garçon préférait de loin le travail dans les rizières à l'école où il subissait de quotidiennes humiliations de la part des autres enfants et même des enseignants. Il n'avait qu'un seul ami, un garçon d'un an de moins que lui appelé Toon qui avait été estropié par la polio et qui était lui aussi ignoré par les autres gamins. Mais on ne jetait pas de pierre à Toon ni ne l'insultait car celui ci avait un grand frère qui serait immédiatement venu corriger celui qui s'aviserait de faire cela. Le
samedi et le dimanche, pendant la saison sèche ou il n'y avait pas de travail dans les rizières, il partait se promener dans les bois, parfois avec son ami mais le plus souvent tout seul .
 
Un jour, alors qu'il avait une dizaine, d'année, lors d'une de ses escapades Piyachat entendit un cri. Il se précipita vers le lieu du hurlement et vit Salee, une gamine de 5 ans de son village. La petite fille était terrorisé car devant elle se dressait un cobra royal près à mordre. Piyachat se saisit d'une tige de bambou et en frappa de toutes ses forces la tête du reptile. Celui ci s'écroula, tué sur le coup. Salee ne dit rien pendant une minute puis se tourna vers son sauveur et lui dit : "Merci Piyachat".
 
Le garçon fut trop ébloui pour répondre. C'était la première fois qu'un autre enfant l'appelait par son prénom et non pas "Pak Wègn". Et aussi qu'on le remerciait. Il raccompagna la fillette au village et, avant de rentrer dans la maison de ses parents, celle ci se fendit d'un gracieux sourire et lui dit : "Au revoir". Il marmonna un salut et couru chez lui.
 
Cette nuit là Piyachat fut trop excité pour dormir. Jamais on ne lui avait sourit auparavant. Jamais on ne lui avait dit de mots gentils ni, à part Toon et ses parents, appelé par son nom. Le gamin remuait tout ça, encore et encore, dans sa tête. Au petit matin, Piyachat sut qu'il était amoureux.
 
Pendant quelques jours, les autres gamins le regardèrent respectueusement. Les adultes le félicitaient. Même son père semblait être plus gentil avec lui. Il avait commencé par lui reprocher de ne pas avoir ramené le cadavre du serpent car il en raffolait, mais Pavena avait vigoureusement pris la défense de son fils et Prisit était revenu à de meilleurs sentiments. Les parents de Malee étaient venu le remercier et Piyachat était sur un nuage. Malheureusement, au bout de quelques temps l'incident fut oublié et les autres enfants recommencèrent à l'appeler "Pak Wègn" et a lui jeter des pierres. A part Salee qui, quant elle le croisait, continuait de lui dire bonjour. Piyachat était bien trop timide pour engager plus avant la conversation mais cela ne l'empêchait pas d'être, secrètement, éperdument amoureux de la gamine.
 
Quant Piyachat eu 16 ans, son père mourut d'une cirrhose du foie. Il fallu organiser les funérailles. Cela coûta cher. Heureusement, tous les villageois versèrent, selon la coutume, une petite obole et Pavena put acheter un cercueil en bois dans lequel le corps de Prisit fut allongé. Ensuite, avec l'aide de quelques amies, elle prépara de nombreuses victuailles et acheta des boissons pour que les villageois puissent fêter le départ de l'esprit de son mari vers une réincarnation plus heureuse. Pendant trois jours la maison fut ouverte à tout le monde et beaucoup de gens s'y rendirent pour se recueillir devant le cadavre et aussi pour manger et boire à l'oeil. Puis le corps fut amené au temple et, après quelques incantations des bonzes, le cercueil et son contenu furent incinérés. Après la cérémonie, tous les gens rentrèrent chez eux. Seul Toon resta avec son ami pour le consoler.
 
Piyachat remplaça son père dans les durs travaux de la rizière. Et pendant la saison sèche, lui aussi se mit à faire du charbon de bois pour gagner quelques sous.
 
A par sa mère, Toon et Salee bien sur, la plupart des gens, bien qu'ils ne lui jetaient plus de cailloux,  continuaient d'appeler Piyachat "Pak Wègn", plus par habitude que par réelle méchanceté. Celui ci ne semblait pas s'en offusquer mais intérieurement, il souffrait de ce surnom.
 
La situation des villageois alla en s'améliorant au cour des années. D'abord on fit une vrai route puis le village fut accordé au réseau électrique. La plupart des gens possédaient dorénavant des motocyclettes et certains même des voitures. Les labours se faisaient maintenant au motoculteur à par pour une minorité de paysans trop pauvres pour s'en acheter un et qui continuaient à travailler la terre avec des buffles. En 1998, lorsqu'il eut 21 ans, Piyachat alla travailler tout une saison sèche à Bangkok et quant il revint, l'argent gagné complété par les quelques économies de sa mère et la vente d'un buffle lui permit d'acquérir un motoculteur.
 
Il s'imaginait un avenir radieux. Il épouserait Salee et ensemble, ils travailleraient la terre, auraient beaucoup d'enfants et vivraient heureux, mais le destin en décida autrement.
 
Piyachat etait beaucoup trop timide pour avouer son amour à Salee. Il n'osait à peine lui dire plus de quelques mots lorsqu'il la croisait, "bonjour", "as tu mangé", "au revoir" et c'était tout. La seule personne à qui il avait confessé ses sentiments pour la jeune fille, était son ami Toon. Régulièrement Piyachat lui racontait ses projets d'avenir d'une voix pleine d'espoir. Toon l'écoutait poliment mais, bien qu'il s'abstenait de lui en faire part pour ne pas l'attrister, il savait au fond de lui même que c'était un rêve impossible. Piyachat était laid, n'avait aucun charme et, pire que tout, était pauvre, trois handicaps insurmontables.
 
Salee, quant à elle, continuait ses études. Elle était bonne en classe et quant elle eu terminé le lycée, elle alla s'inscrire à l'université de Khon Khen. Elle avait un frère et deux soeurs plus âgés pour aider ses parents à la ferme. De plus, une de ses soeurs Chawewan était marié et les bras de l'époux s'ajoutait à toute cette force de travail. Le couple avait eu une petite fille quelques années auparavant. En 2001, Salee quitta le village pour étudier.
 
Piyachat fut très malheureux pendant quelques temps, puis il se remit à espérer. Il rêvait que Salee, une fois ses études terminés, reviendrait au village et l'épouserait. Il se l'imaginait si fort qu'il fini par croire que c'était vraiment ce qui allait se passer.
 
Un an après, il dut subir un autre mauvais coup du sort. C'était le début de la saison des pluies. Pavena était partie chercher des champignons et un orage avait éclaté. La foudre la frappa directement et elle mourut sur le coup. Piyachat aimait beaucoup sa mère et il souffrit atrocement. Seul la certitude d'une vie meilleure avec Salee lui fit tenir le coup.
 
En 2006, Salee avait terminé ses études. Elle avait obtenu un poste d'enseignant à Khon Khen. Un jour elle revint au village. Piyachat fut heureux de son retour. Il alla chez ses parents la saluer. Quand elle le vit elle lui dit :
 
- Bonjour Piyachat, j'ai une bonne nouvelle à t'annoncer. J'ai rencontré un enseignant qui travaille dans la même école que moi. Il est très beau. je l'aime et nous allons nous marier.
 
La nouvelle frappa le jeune homme en plein visage. Il perdit le contrôle de lui même.
 
- Mais Salee, je croyais que ... je pensais que tu m'aimais .... que nous allions nous marier.
 
- Me marier avec toi ? Tu es fou Piyachat. Aucune femme ne voudrait de toi. Tu es vraiment trop moche avec ton bec-de-lièvre.
 
- Mais, je t'aimes.
 
Le père de Salee intervint :
 
- Ça suffit Pak Wègn, tire toi maintenant.
 
Derrière lui se tenait la mère, le frère, le beau-frère et les soeurs de la jeune femme. Ils ajoutèrent :
 
- Oui, fout le camps Pak Wègn, et ne remet plus les pieds ici.
 
- Face de singe !
 
- Casse toi !
 
Quant il vit les trois hommes s'avancer menaçants vers lui, Piyachat s'enfuit mais au lieu de rentrer chez lui, il alla voir son ami Toon et lui raconta toute l'histoire en pleurant. Toon alla acheter une bouteille d'alcool de riz et ils burent tard ce soir là. Piyachat, trop soûl pour rentrer chez lui, s'écroula chez son ami.
 
Deux jours plus tard, Salee repartit pour Khon Khen. La vie devint insupportable pour Piyachat. Tout le monde était au courent de sa proclamation d'amour à la jeune fille et tous se moquaient méchamment de lui. La rancune du fils de Prisit alla en grandissant. Il décida de se venger.
 
Commença la saison des pluies. Tous les villageois partaient le matin travailler dans les rizières et ne revenaient qu'a la nuit tombante. Les enfants étaient à l'école. Ne restaient au village que quelques vieillards trop âgé pour travailler. Parmi eux, la grand mère de Salee. Un jour, Piyachat passa à l'acte. 
 
Il attendit que tout le monde soit parti aux champs. Il se saisit alors d'une machette et se mit à l'aiguiser. Vers une heure de l'après midi, il se rendit à la maison des parents de Salee. Il savait que la vieille grand mère faisait la sieste à cette heure là. Il monta silencieusement les marche, ouvrit doucement la porte et pénétra dans la maison. La vieille femme dormait. Il la regarda pendant une minute, semblant réfléchir à l'acte qu'il se préparait à commettre, puis, d'un pas décidé, s'avança vers la septuagénaire, lui saisit la tête et, avant qu'elle ai eu le temps de se rendre compte de ce qui lui arrivait, l'égorgea comme un poulet.
 
Il pris quelques vêtements dans l'armoire et s'en servit pour effacer le sang rependu par terre. Puis il traîna le corps de la vieille dans un coin. Ensuite, il se cacha dans la maison et attendit.
 
Une heure plus tard, il entendit le bruit d'une motocyclette. C'était la soeur de Salee, Chawewan qui arrivait à la maison. Elle venait apporter à manger à sa grand mère. La première chose qu'elle vit, c'était la porte ouverte. Cela l'inquiéta un peu. Elle monta les escaliers en appelant :
 
- Iay (grand mère) où es tu ?
 
Dès qu'elle eu franchit la porte, elle reçu un formidable coup de poing au visage qui l'assomma. Piyachat déchira une chemise dont il s'était servi pour essuyer le sang de la vieille. Il utilisa un morceau pour lui lier les mains derrière le dos et un autre pour la bâillonner. Quand il eu terminé, il alla chercher une bouteille d'eau dans le frigidaire, l'ouvrit et la vida sur le visage de la jeune femme. Celle ci se réveilla. Lorsqu'elle vit que Piyachat se tenait devant elle en la regardant haineusement, ses yeux se remplirent de terreur.
 
- Oui c'est bien moi, murmura t'il d'une voix qui avait perdue toute trace d'humanité, Pak Wègn, le singe.
 
Il arracha sa robe, déchira son slip et la viola. Quant il eu fini, il se saisit de sa machette et l'abattit de toutes ses forces sur la tète de Chawewan.
 
Il traîna le corps à coté de celui de la vieille puis reprit la planque.
 
A 3 heure, la petite Porn, la fille de Chawewan âgé de 8 ans sortit de l'école, monta sur sa bicyclette et pédala en direction de sa maison. Une fois arrivé, elle rangea le vélo sous les pilotis et gravit les marches de l'escalier. Des qu'elle fut à l'intérieur, Piyachat lui plaqua une main sur la bouche et l'égorgea si profondément qu'il manqua de lui décoller la tète du corps. Le tueur s'empara alors des clés de la moto de Chawewan, redescendit les marches à toute vitesse et s'enfuit avec.
 
Vers 5 heures de l'après midi arriva la deuxième soeur de Salee. Après être entrée dans la maison et avoir découvert les trois corps, elle ressortit en hurlant. Les gens qui commencent à rentrer des rizières s'inquiètent. Peu après quelqu'un téléphona à la police. D'autres personnes allèrent chercher le reste de la famille aux champs.
 
Les policiers interrogèrent les gens et fouillèrent la maison de Piyachat. Peu après, un avis de recherche fut lancé. A Khon Khen, deux policiers furent envoyés chez Salee. Après qu'elle eu été mise au courant du drame, la jeune femme se mit à pleurer. Quant elle se fut un peu calmé, un des hommes lui dit :
 
- Le commissariat nous a envoyé pour veiller sur vous. Nous pensons que l'assassin peut venir ici. Nous allons donc rester là jusqu'à qu'il soit arrêté.
 
- Merci, répondit Salee, merci infiniment.
 
Elle se remit ensuite à sangloter. Les deux policiers détournèrent le regard, horriblement gênés.
 
Quelques heures plus tard, le téléphone portable de Toon se mit à sonner. il décrocha.
 
- C'est moi, entendit-il à l'autre bout du fil.
 
- Piyachat, s'exclama t'il surprit, Piyachat il faut te rendre. Ils sont à ta recherche. Il n'hésiteront pas à t'abattre. Va dans un commissariat et rend toi mon ami, je t'en pris.
 
- Je vais me rendre mais j'ai d'abord quelque chose à terminer.
 
- Piyachat, ils surveillent sa maison. Ils t'attendent là bas.
 
- Au revoir, répondit Pak Wègn et il raccrocha.
 
Toon pesa le pour et le contre pendant quelques minutes puis il prit sa décision. Il composa alors le numéro du commissariat.
 
Après être sorti de la cabine téléphonique, Piyachat remonta sur sa moto et pris la direction de Khon Khen. Tandis qu'il roulait, les pensées se bousculaient dans sa tète. Pourquoi ai je agit de la sorte se disait-il. Je suis pire qu'eux. L'assassinat de la petite fille surtout le faisait culpabiliser.
 
Sontip était chauffeur routier. Il avait chargé des fruits et légumes au grand marché de Khon Khen pour les livrer à Kalasin. Il roulait vite car il avait hâte de retrouver sa femme et ses enfants. Il eu à peine le temps de voir la moto qui arrivait en face se détourner délibérément vers son camion. Un grand choc se produisit. Sontip n'eut que quelques contusions. Quant à Piyachat, il fut tué sur le coup.
 
Le lendemain, les policiers annoncèrent à Salee que tout était terminé. Après les avoir remercié, elle se retira dans sa chambre et pleura.

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Jeudi 3 juillet 2008
Kai, Nin et Koung étaient toutes trois scolarisées dans une école "mathayom" (secondaire, équivalent du collège) non loin d'Ubon Ratchatani, capitale de la province du même nom. Koung et Nin avaient toutes les deux 16 ans tandis que Kai venait d'avoir 17 ans. Un jour, Kai interpella ses deux copines :
- Regardez ce que j'ai réussi a trouver, leur dit elle en leur montrant trois cachets oranges.
- Qu'est ce que c'est ? demanda Koung.
- Du Yahi (nom thai de l'extasy). Si tu en manges ça te donne très envie de faire l'amour. J'ai une idée. Donnons rendez vous dans un endroit tranquille a Prem, Ood et Thong, Ce sont les trois plus beaux garçons de l'école. Une demi-heure avant de les retrouver, on prendra chacune une de ces pilules.
- Oh oui, d'accord approuvèrent Koung et Nin toutes excitées par l'opportunité d'une rencontre sexuelle avec trois beaux jeunes hommes.

Les trois garçons furent d'accord pour retrouver les collégiennes le samedi suivant a 11 heures dans un coin perdu de la foret proche, non loin d'une petite rivière. Au jour dit, les adolescentes arrivèrent une demi-heure en avance sur les lieux, avalèrent leurs cachets et attendirent. A 11 heure et demi les garçons n'étaient toujours pas arrivés. Les filles très excitées par la drogue commençaient a sérieusement s'impatienter. C'est alors qu'elles entendirent du bruit.

Le vieux Khen, qui allait sur ses 75 ans, avaient l'habitude d'emmener tous les jours son buffle s'abreuver a la rivière. Il avançait d'un pas tranquille avec sa bête, chantonnant un petit air de Molam (chants traditionnels du Laos et du nord-est de la Thailande) quand il vit avec surprise les trois jeunes filles surgir devant lui.

Kai, Nin et Koung ne laissèrent même pas au vieil homme le temps de prononcer un mot. Sous l'effet de la drogue, elle se jetèrent sur lui, lui arrachèrent ses vêtements et le violèrent a tour de rôle, deux d'entre elles le tenant tandis que la troisième le besognant. Sous le choc, le coeur du vieux s'arrêta de battre.

La justice condamna les filles a verser chacune 45 000 baths (environ 900 euros) qui servirent a payer les funérailles du vieux Khen. Elles furent aussi renvoyées du collège. Cependant, tout le monde s'accorde a dire que le vieil homme a une une belle mort.

Cette histoire, incroyable mais pourtant vraie, s'est passée en mars 2007. Elle a fait bien rire les gens. Mais il ne faut pas en conclure que toutes les collégiennes de la région sont comme Kai, Nin et Koung. La plupart sont des jeunes filles sérieuses bien que les moeurs des adolescents de l'Issan (nord-est de la Thailande) aient tendance a se relâcher ses derniers temps.

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Jeudi 3 juillet 2008
Pradit, un jeune homme de 23 ans, avait toujours été amoureux de Yuthida. Ils étaient voisins depuis l'enfance et, vu qu'ils avaient tout les deux le même âge, ils se retrouvaient chaque années dans la même classe a l'école. Seulement cet amour n'était pas partagé. Yuthida aimait bien Pradit, mais sans plus. Il n'était pas très beau et n'avait pas assez de charme pour compenser son médiocre aspect physique. Le jeune homme savait tout cela mais il n'en continuait pas moins d'espérer qu'un prodige se produirait qui rendrait Yuthida amoureuse de lui.

Mais il n'y eu pas de miracles. Depuis quelques temps, un beau jeune homme du nom de Suchai faisait la cour a Yuthida, et celle ci était loin d'y être insensible. Un jour, il demanda sa main qui lui fut accordé. Les parents des deux fiancés consultèrent les bonzes et le chamane du village pour connaître la date la plus favorable pour le mariage. Ceux ci s'accordèrent pour dire que les astres étaient le plus propices au 9 mars 2549 (la date 2549 après la naissance du Bouddha correspond a notre année 2006). La cérémonie fut fixée pour ce jour la.

Le mariage se passa très bien. Une centaines d'invités arrivèrent. Après la cérémonie du baci soukwane (cérémonie d'origine animiste ou un chamane attache des fils blancs autour des poignés des nouveaux époux, pratiquée essentiellement au Laos et en Issan), tout le mode mangea et bu a satiété. Deux mois après Yuthida était enceinte.

Pradit débordait de haine et de jalousie pour le jeune couple mais il le cachait bien. De les voir rayonner de bonheur le faisait ruminer des désirs de vengeance. Cependant il attendit patiemment son heure. Un jour cependant l'occasion se présenta.

Ce jour la, un cirque itinérant s'installa sur la place du village et annonça un spectacle dans la soirée. Les distractions étant rare dans ce petit patelin de la province d'Ubon, tout le monde voulu s'y rendre. Suchai proposa a son épouse de s'y rendre mais celle ci, qui en était a son quatrième mois de grossesse, préféra rester a la maison. Lorsque la représentation commença, tous les villageois s'y rendirent. Yuthida était seule a la maison en train de regarder un film chinois.

Pradit se glissa silencieusement dans la maison du jeune couple. Il vit la femme de ses rêves mais celle ci ne l'entendit pas, toute absorbée par la télévision. Pendant quelques instant, il fixa sa nuque du regard.
Au bout d'un moment, sentant une présence, Yuthida se retourna. Elle faillit crier de surprise en voyant le jeune homme qui la regardait avec des yeux hallucinées.
- Que fais tu ici? demanda t'elle au jeune homme.
Comme réponse elle reçu une volée de coups de poings. Quant elle fut a moitie assommée, Pradit lui arracha ses vêtements et la viola comme une bête en tachant de lui faire le plus de mal possible. Si elle se mettait a crier, il lui tapait dessus jusqu'à qu'elle se taise. Après en avoir terminé avec elle, il l'étrangla.

Son horrible forfait commis, Pradit rentra chez lui, se saisit d'une corde, ressortit et alla se pendre a un manguier presque centenaire qui se trouvait a une centaine de mètres de chez lui.

A son retour, Suchai, horrifié par le cadavre nu et plein d'équimoses de sa femme, téléphona a la police qui arriva peu après. Vu que le cadavre de l'assassin fut retrouvé entre temps par un passant, les flics n'eurent pas trop de mal pour conclure leur enquête. Ils interrogèrent quelques témoins pour la forme, rédigèrent un rapport, puis oublièrent l'affaire. Les villageois en aurait sans doute fait autant (a part l'époux et les parents de la victime bien sur) si Pradit, ou plutôt son fantôme, n'avais pas refait parler de lui.

Peu après le drame, Prem, qui habitait juste en face du manguier ou le meurtrier s'était pendu, s'avisa qu'une branche de l'arbre accrochait les fils éclectiques qui conduisaient a sa maison. Bien qu'il eu presque soixante ans, l'homme était encore agile. Il se saisit d'une machette et grimpa dans le manguier. Alors qu'il était en train de couper la branche fautive, il perdit l'équilibre, tomba de l'arbre et se tua sur le coup. La rumeur publique ne fut pas longue a rendre le fantôme de Pradit responsable de cet accident.

Un mois plus tard, la saison des mangues arriva. Comme c'était aussi les vacances scolaires, une horde de gamins se dirigea vers le manguier ramasser les fruits qui traînait tout autour de l'arbre et récolter ceux qui n'étaient pas encore tombés. Alors qu'il était sous l'arbre en train de manger un de ces délicieux fruits, le petit Toon entendit un craquement. La branche, a moitié coupée par le vieux Prem céda et lui tomba sur la tête. L'enfant, qui avait seulement sept ans, fut transporte inconscient a l'hôpital mais décéda peu après son arrivé aux urgences.

Quelqu'un remarqua que la branche fautive était celle qui avait soutenue le pendu. Depuis, a chaque fois qu'ils passent devant l'arbre les gens font un petit détour. Qui sait si le fantôme de Pradit ne va pas faire une nouvelle victime.

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Lundi 28 avril 2008
En 1997, à Bangkok, dans le quartier de Banglumpoo, non loin de la célèbre Khao Sarn Road, lieu de rassemblement des voyageurs routards, se trouvait un petit Soi (ruelle en Thai) ou vivotaient à l'année de nombreux Africains, originaires surtout du Kenya et du Nigeria. La plupart d'entre eux se faisaient un bon pécule en vendant de l'héroïne aux touristes à 1000 baths le gramme. Il y avaient un accord entre eux et les flics Thais. Ils soudoyaient ces derniers pour avoir la paix. Certains d'entre eux n'hésitaient pas à se lancer dans de gros trafiques. Ceux là achetaient de l'héroïne en grande quantité, la revendaient en Amerique du Sud et ramenaient de là bas de la cocaïne qu'ils refourguaient en Asie. Mais la plupart n'étaient que de petits dealers. Peter le Kenyan était l'un d'entre eux.

Comme tous ses compatriotes, peter payait la police tous les mois. Mais malgré cela il gagnait bien sa vie. Achetant la poudre en gros à 600 baths le gramme, il la revendait 1000 après l'avoir coupée à 30 pour cent. Et il y avait beaucoup d'acheteurs parmi les touristes farangs (les blancs en Thai). Il vivait dans une guest house pourrie qui ne lui coûtait que 2500 baths par mois, avec une pute Thaïe accro à la blanche qui couchait avec lui en échange de sa dose.

Somkiat et Thongbai étaient tous les deux policiers. Il patrouillaient régulièrement dans le quartier à la recherche de drogue. Quant ils serraient un routard avec un peu d'herbe, il proposaient toujours à celui ci de payer 50 000 bath pour fermer les yeux. S'il refusait, il était bon pour le poste, suivit de la prison pour quelques mois et enfin de l'expulsion avec son nom noté sur la liste noire des étrangers indésirables en Thailande. Pour de l'héroïne ils demandaient beaucoup plus car la peine de prison était alors de plusieurs années. Des fois, quant ils avaient un besoin urgent d'argent, ils attendaient le milieu de la nuit car les témoins potentiels se faisaient rares, coinçaient un touriste noctambule qui souvent revenait de Pat Pong, sortaient la drogue de leur propre poche et le faisaient chanter :- Donnes nous 20 000 baths ou on raconte qu'on a trouvé ça sur toi. Quelques touristes refusaient de payer et dans ce cas les deux flics n'insistaient pas car ils craignaient les ennuis mais la plupart, terrorisés, raquaient.

Un soir, après avoir bu quelques bières, Somkiat et Thongbai se mirent en chasse. La veille ils avaient perdu beaucoup d'argent au jeu et ils voulaient se renflouer. Après avoir fouiner un peu partout aux alentours de Khao Sarn Road, les deux policiers tombèrent sur Peter qui revenait de chez son grossiste et qui avait une trentaine de gramme d'héroïne sur lui. Ils connaissaient bien l'Africain et s'ils n'avaient pas bu plus que de raison, ils lui auraient probablement foutu la paix vu que celui ci n'oubliait jamais de payer sa cotisation. Ils se dirigèrent vers lui.

- Oh Nikro (les noirs en Thai) ou vas tu comme ça? Arrêtes toi, tu m'as l'air pas net, on va te fouiller.
- Mais nous avons des accords.
- Rien à foutre des accords, ici c'est la Thailande et c'est nous qui faisons la loi, pas les gens comme toi, lui répondit Thongbai tandis que son collègue se mettait à le fouiller.
Peter, furieux, mit son poing dans le visage de Somkiat et pris ses jambes à son cou.

Quant il vit cela, le sang de Thongbai ne fit qu'un tour. Il sortit son revolver et vida son chargeur dans la direction du fuyard. Trois balles atteignirent leur but. Peter, touché à la jambe et au dos, s'écroula. Alors le policier se saisit de son talkie walkie et appela ses collègues.

Dix minutes plus tard ils rappliquèrent accompagnés d'une ambulance. Les infirmiers ramassèrent Peter, gravement blessé et Somkiat, qui était K.O. étendu par terre la gueule en sang. De retour au commissariat, Thongbai fut convoqué par le capitaine Pitawan.

- Raconte, lui demanda l'officier.
Le policier expliqua à son supérieur qu'il voulait plaisanter avec le noir mais que celui ci s'était énervé et avait agressé son collègue. C'était de la légitime défense.
- Nous te couvrirons mais tu as fait une erreur, lui répondit le capitaine. Il va falloir que j'arrange le coup avec les Africains.
Le lendemain, l'officier, accompagné de deux hommes, alla voir Michael, un Kenyan lui aussi, qui était un des chefs des Africains. Après lui avoir présenté ses excuses pour ce qui s'était passé, il lui dit que cette malheureuse histoire ne remettait pas en cause leurs accords. Le noir ne répondit rien.
Quelques jours plus tard, Peter décéda des suites de ses blessures. Le capitaine Pitawan fut félicité par ses supérieurs pour la mise hors d'état de nuire d'un dangereux trafiquant de drogue et pour la saisie de 30 grammes d'héroïne. Somkiat sortit de l'hôpital au bout de deux semaines. Le coup de poing de Peter lui avait fracturé la mâchoire. Il avait aussi perdu quelques dents.

Un mois après, le capitaine reçu un colis chez lui. Après l'avoir ouvert, il alla vomir dans les toilettes. A l'intérieur se trouvait la tête proprement découpée de Thongbai.

Par la suite, les policiers fichèrent une paix royale aux Africains, se contentant de toucher leurs commission. Ceux ci purent continuer tranquillement leur trafique jusqu'en 2006, date à laquelle de nouvelles lois, qui rendait le séjour à long terme des étrangers beaucoup plus difficile, furent mise en applications. La plupart des Africains émigrèrent alors au Cambodge, beaucoup plus libéral.

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Jeudi 24 avril 2008
Ça c'est passé fin 1999, dans un district d'une province du nord-est de la Thailande, frontalier du Cambodge.

L'ancien capitaine Khmer rouge Long Pok s'était reconvertit dans le banditisme après la capture de son chef, le fameux Ta Mok surnommé le Boucher, en mars 1999. Quant il avait formé sa bande, une trentaine de ses soldats avaient acceptés de le suivre. Ils vivaient de rapines, terrorisant les paysans de la province cambodgienne de Preah Vihear, volant du bétail et allant le revendre à des trafiquants Thais de l'autre coté de la frontière. Un jour de décembre 1999, il eu une idée et rassembla ses hommes.

Quant ils furent tous autour de lui, il leur parla :
- Nous avons cinq buffles à vendre aux Thais. Ce soir nous passerons la frontière avec les bêtes mais après les avoir vendues nous ne retournerons pas tout de suite au Cambodge.
- Pourquoi donc, lui demanda Chea Nim qui était son second.
- Parce que nous allons braquer la banque du district Thaïlandais. Comme c'est bientôt le nouvel an 2000 et que les Thais vont retirer de quoi le fêter dignement, ils viennent de recevoir un tas de fric. C'est le moment ou jamais d'en profiter.

Une ovation accueillit ces paroles. Bien que l'armée Thaïlandaise ai soutenu les Khmers rouges de longues années, aucuns d'eux n'aimaient ces Thais qu'ils trouvaient arrogants, vénaux, méprisant avec les plus faibles qu'eux et humbles et soumis vis à vis des plus forts. De plus, à la suite d'accord entre le gouvernement Cambodgien de l'ancien communiste Hun Sen et le gouvernement Thaïlandais du démocrate Chuan Leekpai, les Thais avaient livré leur ancien chef Ta Mok aux autorités de Phnom Penh. Les anciens Khmers rouges n'avaient pas digéré cette trahison. Voila enfin le moment venu de se venger.

Donc, après avoir vendus, pour le tiers de leur valeur, les cinq buffles volés au chef des trafiquants Thais (le lieutenant Buntree des douanes du royaume qui multipliait par dix son salaire de fonctionnaire en faisant de la contrebande), Les Khmers se cachèrent dans la foret jusqu'à la nuit tombée. Puis ils marchèrent silencieusement vers le chef lieu du district, une petite ville endormie.
- Maintenant, nous allons voler des voitures, dit Long Pok à ses hommes. Il nous faut au moins trois pick up pour nous transporter tous.

Ainsi fut fait. Les anciens Khmers rouges se mirent en embuscade au bord de la route. Chea Nim et un autre bandit se placèrent au milieu. Quand, au bout d'un quart d'heure, le premier pick up arriva, ils lui firent de grands signes comme s'ils avaient un problème et qu'ils voulaient de l'aide. Le chauffeur, serviable, s'arrêta et leur demanda ce qu'ils voulaient. Chea Nim lui colla un pistolet sur le front et l'obligea à sortir du véhicule. Puis, pour ne pas faire de bruit, l'autre bandit l'égorgea comme un poulet. Le même procédé fut utilisé pour s'emparer du pick up suivant.

Le troisième véhicule était conduit par un jeune couple. Après l'avoir arrêté, les bandits les firent descendre et, après avoir liquidé l'homme, ils regardèrent la femme, qui était très belle, avec concupiscence. Celle ci était trop terrifiée pour dire un mot.
- Liquidez la, ordonna Long Pok.
- Ne peut on pas s'amuser un peu avec elle avant? demanda Chea Nim à son chef.
L'ancien capitaine, que toute envie avait quitté depuis qu'un éclat de mortier lui avait emporté les parties lors d'une bataille contre les troupes gouvernementales sept ans auparavant, consentit.
- Mais faites vite, précisa t'il.
Après qu'on lui eu mit un bâillon pour l'empêcher de crier, la jeune femme fut sauvagement violée par toute la troupe. Ensuite, pour finir, un des bandits l'acheva. Puis les anciens Khmers rouges montèrent dans les trois pick up et roulèrent en direction du bourg. Ils s'arrêtèrent un peu avant d'y arriver. Long Pok donna ses instructions :
- Nous attaquerons à 9 heure, une demi-heure après l'ouverture de la banque. Toi, Chea Nim, tu te postera devant le commissariat avec 10 hommes et tu tires sur tout ceux qui en sorte. Tu prendra trois lances roquettes avec toi en cas. Nous resterons en contact par talkie walkie.
L'ancien capitaine se tourna alors vers Nhiek Sarin, un autre de ses lieutenant :
Toi, tu te posteras dans la rue devant la banque avec 6 hommes et les deux lances roquettes restants. Tu nous couvriras. Quand à moi je pénétrerai dans la banque avec le reste de la troupe.

A l'heure dite, les trois véhicules démarrèrent. Tandis que celui de Chea Nim fonçait vers le poste de police, les deux autre pilèrent devant la banque.
- Personne ne bouge, hurla Long Pok en Thai après avoir pénétré à l'intérieur du bâtiment.
Un security garde fit apparaître un revolver. Il fut immédiatement abattu d'une rafale de kalachnikov. Les gens levèrent les mains en l'air. Après avoir ordonné aux employés et aux clients de se coucher ventre à terre et mains sur la nuque, les bandits commencèrent a remplir leurs sacs de liasses de billets. Tandis que trois d'entre eux se saisissaient de l'argent des guichets, les autres vidaient le coffre.

Pendant ce temps Chea Nim s'était positionné devant le commissariat avec ses dix hommes. Une voiture de police démarra. Un coup de lance roquette la fit exploser. Deux policiers qui tentaient de sortir du bâtiment furent abattus. Chea Nim se saisit alors d'un haut parleur :
- Si vous restez à l'intérieur du bâtiment, il ne vous arrivera rien. Nous tuerons tout ceux qui sortent.
Les policiers se le tinrent pour dit et aucun d'entre eux ne s'avisa de mettre les pieds dehors. Les bandits se mirent tranquillement à saboter tous les véhicules du poste de police.

Environ une vingtaine de minute après être entré dans la banque, les anciens Khmers rouges en ressortaient avec plusieurs sacs bien remplis et deux jeunes employée prises en otage. Après avoir ordonné par talkie Walkie à Chea Nim de mettre les voiles en direction du Cambodge distant d'une quinzaine de kilomètres seulement Long Pok et ses hommes sautèrent dans leurs véhicules et s'enfuirent.

Le préjudice de la banque se monta à plus de trois millions de baths. Ni l'argent, ni les bandits, ni les deux jeunes femmes otage ne furent jamais retrouvés. Au Cambodge, avec de l'argent on peut tout acheter, même une nouvelle identité.

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